Villes Educatrices : Actions locales, Valeurs globales
Grâce à un parcours évocateur à travers les initiatives éducatives concrètes – actions locales – de plusieurs villes associées, l’objectif de l’AIVE est d’illustrer la capacité des villes d’exercer une influence positive sur le milieu et la qualité de vie des personnes qui y vivent, en prévoyant des lignes d’action permettant la participation citoyenne, l’inclusion sociale , culturelle et économique, la convivialité pacifique et solidaire entre les différents groupes culturels et sociaux, la durabilité, la santé et le bien-être entre autres
Bien plus qu’une exposition
Au moyen de l’exposition “Villes Éducatrices: Actions Locales, ValeursGlobales”, l’AIVE met à la disposition des villes associées un instrument de plus leur permettant de progresser et de consolider leurs politiques et leurs initiatives en tant que Ville Éducatrice. Il s’agit d’un matériel d’exposition facile à monter, polyvalent et durable, pouvant être exposé à différents endroits et sous des formats divers.
Grâce à un parcours évocateur à travers les initiatives éducatives concrètes – actions locales – de plusieurs villes associées, l’objectif de l’AIVE est d’illustrer la capacité des villes d’exercer une influence positive sur le milieu et la qualité de vie des personnes qui y vivent, en prévoyant des lignes d’action permettant la participation citoyenne, l’inclusion sociale , culturelle et économique, la convivialité pacifique et solidaire entre les différents groupes culturels et sociaux, la durabilité, la santé et le bien-être entre autres
Les visiteurs peuvent accéder aux informations sur les initiatives efficaces et innovatrices d’un échantillon des villes grandes ou petites qui constituent aujourd’hui l’Association et, outre le fait de se déplacer d’une ville à l’autre, prendre conscience des valeurs globales que toutes celles-ci se partagent. Cette initiative permet de mettre l’accent sur l’importance du travail en réseau et de la coopération internationale, en renforçant le dialogue et le travail en commun entre les différents départements municipaux et entre ceux-ci et la société civile, avec comme base les principes de la Charte des Villes Éducatrices.
Cette exposition et les activités proposées à son entour offrent un double domaine d’action. D’une part, son objectif est de permettre un travail introspectif de la municipalité destiné à identifier les progrès et les bonnes pratiques réalisées en ce qui concerne la Charte, ainsi que de renforcer le travail réalisé et les succès obtenus.
De même, les villes qui l’accueillent sont invitées à réfléchir sur les actions réalisées par les villes protagonistes de l’exposition, afin d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. D’autre part, l’arrivée de cette exposition est une occasion de renouveler et de rendre public l’engagement de cette ville de faire de l’éducation citoyenne l’axe stratégique et transversal de son projet politique. Elle permet aux gouvernements locaux de faire savoir aux citoyens qu’elle parie sur certaines valeurs, coutumes et comportements, ainsi que sur certains modes de travail.
L’expérience cumulée après les deux éditions nous permet d’affirmer que la clé du succès de cette exposition réside dans une bonne mesure dans la préparation de l’arrivée de l’exposition par les villes qui la reçoivent. De plus, Il faut choisir un moment et un lieu adéquats permettant au plus grand nombre de visiteurs possibles d’y accéder pendant les 15 jours qu’elle dure.
Cette exposition s’adresse à un public hétérogène, étant donné que la Ville Éducatrice est un projet intégral et collectif que se partagent les gouvernements locaux et la société civile, dont l’objectif est de développer des politiques et des interventions qui amélioreront la qualité de vie de tous ses habitants et promouvront une démocratie inclusive et participative. Il est donc important d’éviter qu’elle puisse être restreinte aux cercles municipaux habituels et que la société en général y participe. Des contacts permanents avec les médias informatifs et une bonne interaction avec les agents éducatifs de la ville permettent de susciter une plus forte conscience des capacités et des potentiels éducatifs de chacun, afin de les mettre de manière plus efficace au service de la communauté, créant ainsi peu à peu des complicités, qui peuvent laisser place à un réseau de collaboration.
Certaines villes qui ont déjà reçu cette exposition ont profité de son arrivée pour offrir la leur avec une sélection des initiatives éducatrices menées à bien par les différents départements municipaux, d’autres ont organisé des activités, des ateliers de débat et/ou des conférences en tant qu’invitation à la société civile à prendre part, à partir d’une perspective critique et coresponsable, à cette tâche fascinante qu’est la construction d’une Ville Éducatrice.
Le Secrétariat encourage les villes associées à solliciter cette exposition, certain que cet outil de communication, s’ajoutant à leur volonté politique, permettra de fortifier leur engagement de créer une Ville plus Éducatrice et d’arriver à ce qu’un plus grand nombre de personnes et d’institutions soit concerné par la réalisation de ce défi.

Actions
Les actions présentées par les villes configurent une mosaïque qui révèle des réalités différentes et distantes, dont le lien commun est leur engagement vis-à-vis de la Charte des Villes Educatrices. Les interventions montrent comment à partir de domaines tellement différents comme la culture, le sport, l’urbanisme ou les nouvelles technologies, il est possible de contribuer au respect mutuel, à l’inclusion sociale, à la construction de la citoyenneté et, en définitive, à une cohabitation plus harmonieuse entre individus. Chacune de ces actions est associée à un principe de la Charte et met de manifeste les valeurs que les villes signataires promeuvent.

Sorocaba est une ville brésilienne de près de 600.000 habitants située à l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo. Avec une économie basée sur l’industrie, le commerce et les services, Sorocaba se trouve parmi les villes ayant le plus grand potentiel économique du Brésil.
Afin d’améliorer la qualité de vie et de promouvoir la santé de la population, la Mairie de Sorocaba a intégré les principes des Villes Saines et des Villes Educatrices à son programme stratégique de gouvernement, en y faisant participer ses différents départements et en établissant comme domaine d’action la participation citoyenne.
Parmi de nombreuses interventions, il a été proposé un processus de transformation urbaine en prenant comme axe structurant le fleuve Sorocaba qui parcourt toute la ville, ainsi que la revitalisation des espaces publics grâce à différentes activités promouvant un mode de vie sain.
Les travaux ont commencé par la décontamination et la récupération des rives du fleuve où l’on a construit des belvédères, des pistes piétonnières et des pistes cyclables. A présent, l’objectif est de relier les différents quartiers de la ville moyennant un parc linéaire de 100 Km de pistes cyclables. Il a également été procédé à la création de parcs dans des zones autrefois dégradées, dotant ainsi la ville de nouveaux espaces de rencontre et de loisir.
Parmi les interventions réalisées, citons les suivantes:
- Le « Projet Randonnée », grâce auquel des groupes permanents se sont constitués dans les centres primaires de santé et dans les centres sportifs de la ville, groupes qui se réunissent afin de marcher, une activité sportive à la portée de la plupart des individus.
- « Gymnastique dans le parc » qui consiste à programmer des cours quotidiens de gymnastique dans les principaux parcs de la ville ; cours donnés par des professeurs d’éducation physique.
- Le programme « Voie vive» qui réunit près de 6.000 personnes tous les dimanches dans l’une des principales avenues de la ville qui est fermée à la circulation et ouverte à la population, en se transformant en un vaste espace de loisirs, culture et rencontres citoyennes.
- Los “Mega plantíos” y “Mega plantíos escolares” que consisten en la recuperación de áreas protegidas con la plantación de miles de árboles de especies autóctonas. Plantados en diversas zonas de la ciudad, ayudan a mejorar las condiciones medioambientales y el confort y el bienestar de la ciudadanía.
Les « Méga plantations» et « Méga plantations scolaires » qui consistent à récupérer des zones protégées grâce à la plantation de milliers d’arbres d’espèces autochtones. Plantés dans différentes parties de la ville, ils permettent d’améliorer les conditions environnementales et le confort et le bien-être des citoyens.
Toutes ces actions sont accompagnées de campagnes d’information et de sensibilisation axées sur l’importance d’adopter un mode de vie sain et la participation des citoyens à l’entretien de l’environnement urbain et naturel. Le résultat des politiques de promotion de la santé commence à se sentir à Sorocaba. Ainsi par exemple, d’après les données du Ministère de la Santé du Brésil, les internements hospitaliers occasionnés par un infarctus aigu du myocarde se sont réduits de 15% et de 70% ceux des malades du diabète, maladies où parmi les facteurs de risque se trouve la sédentarité.
Charte des Villes Educatrices : huitième principe
La planification urbaine devra tenir compte des fortes répercussions de l’environnement urbain sur le développement de tous les individus […] L’ordonnancement de l’espace physique urbain devra veiller aux besoins d’accessibilité, de rencontre, de relations, de jeu et de loisirs et d’un plus grand rapprochement de la nature.

Située à l’embouchure du Tage, Lisbonne est la capitale du Portugal. Sa population est de 550.000 habitants et, si on y ajoute sa zone métropolitaine, de près de 3 millions d’habitants, un tiers de la population du pays. Elle présente une population vieillie, 25% sont des personnes âgées de plus de 64 ans, alors que la moyenne portugaise pour cette tranche d’âge est de 17%. La région de Lisbonne est la plus riche du Portugal et son économie se base sur les services et l’industrie.
La Mairie de Lisbonne, préoccupée par le niveau de formation académique de ses 10.000 employés – prés de 50% n’avait pas complété les 9 années d’enseignement obligatoire – a lancé en 2002 le projet « Education et Formation des Adultes (EFA) », dont le principal objectif est d’améliorer la qualification de ses employés. Ce projet cherchait en outre à promouvoir une plus forte équivalence entre le diplôme obtenu et les compétences acquises tout au long de la vie, à renforcer les compétences personnelles en ce qui concerne l’utilisation des technologies de l’information et de la communication et à accroître la motivation des employés et la qualité des services offerts aux citoyens.
Le Service de Formation de la Mairie de Lisbonne a lancé cette initiative qui, au premier abord, s’adressait à ses employés, mais aujourd’hui est ouverte à tous les citoyens, après avoir procédé à l’étude des offres d’enseignement non formel disponibles à l’échelle nationale, et au travers l’homologation d’un Centre des Nouvelles Opportunités (CNO). L’équipe du CNO procède au diagnostic et au suivi de toutes les personnes inscrites et leur offre les meilleurs conseils techniques et pédagogiques, afin que chaque candidat puisse atteindre ses objectifs formatifs, personnels et professionnels.
Le groupe destinataire prioritaire du CNO de la Mairie de Lisbonne est constitué par des employés municipaux appartenant à différentes catégories, tels que le personnel de jardinerie et de nettoyage, les employés administratifs, les pompiers, la police municipale, etc.
Une équipe de professionnels informe, oriente et dirige chaque personne vers l’itinéraire le plus approprié à son profil. Ces parcours peuvent être les trois suivants :
1.- Accès direct au Processus de Reconnaissance, Validation et Homologation des Compétences (PRVHC) permettant d’accéder à un diplôme du niveau primaire ou secondaire.
2.- Formation de courte durée dans des matières spécifiques, avant ou pendant le PRVHC, où le candidat a rencontré des difficultés au cours de la phase de diagnostic, afin de faciliter l’acquisition des compétences essentielles.
3.- Accès à d’autres offres éducatives et formatives, telles que cours d’éducation et formation destinés aux adultes, écoles de la deuxième chance, cours de spécialisation technologique, etc.
El PRVCC consiste en una serie de sesiones colectivas e individuales que buscan facilitar el autodescubrimiento, la reflexión y la redacción del relato autobiográfico. A través de este relato, se pretende que cada candidato elabore su propio Portafolio Reflexivo de Aprendizajes donde describa e ilustre las competencias y aprendizajes que ha adquirido a lo largo de la vida, de acuerdo con las competencias clave.
La réussite de ce projet est reflétée par les plus de 2.700 inscriptions et près de 1.000 homologations réalisées.
Charte des Villes Educatrices : premier principe
Tous les habitants d’une ville auront le droit de jouir, dans des conditions de liberté et d’égalité, des moyens et des opportunités de formation, de distractions et de développement personnel que celle-ci leur offre. […] La ville éducatrice renouvelle en permanence son engagement à former ses habitants tout au long de la vie sous les aspects les plus divers. Et pour que cela soit possible, elle devra tenir compte de tous les groupes, avec leurs besoins particuliers.

La ville argentine de Rosario a près de 1.000.000 d’habitants. Cette ville est située dans la partie sud de la province de Santa Fé et se trouve dans une position géostratégique par rapport au Marché Commun du Sud (Mercosur). La Zone Métropolitaine de Rosario génère 53% de l’emploi à l’Etat de Santa Fé et 5% du Produit Industriel Brut national.
Afin d’améliorer la qualité de vie de la population et de promouvoir la préservation de l’environnement, la Mairie de Rosario a lancé en août 2009 le programme « Rosario plus propre ». L’objectif était d’aborder la gestion des résidus de manière interdisciplinaire et participative, en pariant sur un changement culturel qui ferait progresser la solution des problèmes d’hygiène de la ville, permettrait de faire un meilleur usage des ressources publiques et encouragerait son appropriation et le sentiment d’appartenance vis-à-vis de la ville.
« Rosario plus propre » est un programme intégral qui se structure autour de trois axes : réglementation et contrôle des processus d’hygiène urbaine, augmentation de la prise de conscience et de la participation des citoyens et inclusion sociale et ordonnancement de l’activité des récupérateurs urbains.
Grâce à ce programme, la commune a donné une forte impulsion aux services de ramassage et amélioré le contrôle des infracteurs. De plus, il a été procédé au lancement d’actions visant la prise de conscience des citoyens et leur participation active à la problématique et à leur engagement collectif par rapport à sa solution en participant à ce changement culturel.
Dans ce cadre, il a été préparé un décalogue des actions responsables en tant qu’instruments de communication tels que de jeux, de dynamiques de discussion et de communication autour de ce thème dans les écoles, les espaces publics, au cours des évènements culturels et sportifs, ainsi que sur Internet ont été menés à bien.
Hoy se sigue trabajando fuertemente en el cuidado del espacio público y la reducción de la generación de residuos fomentando su separación selectiva y reciclado. Los residuos reciclables son destinados a emprendimientos sociales, cerrando así un círculo de sustentabilidad cultural, ambiental y social.
La promotion de la participation citoyenne se poursuit également grâce au volontariat. Les citoyens participent au nettoyage des places et des parcs et dans le cadre des actions de divulgation et de prise de conscience. Les entrepreneurs prennent également cet engagement et cèdent des heures de travail de leurs employés en faveur du volontariat, tout en offrant au même temps des locaux destinés à recevoir les matériaux recyclables.
De plus, l’Intendance a fait participer les éboueurs en valorisant leur travail et en leur faisant prendre conscience du rôle qu’ils jouent en faveur de l’entretien de la ville.
« Rosario plus propre » poursuit son travail afin que Rosario devienne une ville plus propre, non parce qu’elle soit la mieux nettoyée, mais parce qu’elle soit celle que l’on salit le moins, grâce à un changement culturel capable de renverser des conduites qui actuellement ne sont pas durables au point de vue social ou environnemental.
Charte des Villes Educatrices : onzième principe
La ville devra garantir la qualité de vie de tous ses habitants. Cela signifie un équilibre avec l’environnement naturel, le droit à un environnement sain, en plus du droit au logement, au travail, aux loisirs et aux transports publics entre autres. A son tour, elle devra promouvoir activement l’éducation à la santé et la participation de tous ses habitants aux bonnes pratiques de développement durable.

Située au sud de l’Ile de Santiago, Praia est la capitale du Cap Vert. Au cours de cette dernière décennie, la ville a expérimenté une importante croissance démographique. Avec ses 140.000 habitants, elle concentre 27% de la population du pays et il s’agit de la ville la plus densément peuplée. Sa population est principalement jeune ; plus de la moitié des habitants ont moins de 25 ans. En outre, les foyers où les femmes sont chef de famille représentent 43,6%. Les activités économiques du secteur tertiaire prédominent et le taux du chômage s’approche de 23% et atteint même 57% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans.
Il existait dans la ville un grand intérêt pour les pratiques sportives, mais dans de nombreux cas, les installations existantes ne réunissaient pas les conditions minimales nécessaires. Devant cette situation et afin de réduire le taux de violence urbaine, la Mairie de Praia a décidé moyennant le projet « Sport pour tous et toutes » d’investir dans le réaménagement des équipements déjà existants et la construction d’autres équipements neufs, ainsi que de créer des écoles d’initiation sportive permettant de démocratiser leur accès, d’offrir une alternative de loisirs aux jeunes et d’encourager le sport féminin.
La dotation des nouvelles prestations et installations destinées à la ville comporte le réaménagement de 6 salles omnisports, la construction de 9 autres salles et la création de 10 terrains de street basket, 27 parcs de fitness, 3 terrains de football et 3 autres terrains de football à sept. Les jeunes du quartier sont engagés pour la construction de ces équipements dans le but de leur offrir une opportunité professionnelle et de les encourager à prendre soin des équipements lorsque le chantier est terminé.
De plus, afin d’arriver à ce que les citoyens s’approprient de ces installations, leur gestion se réalise par l’intermédiaire de Commissions de Quartier, dont les membres élus par la communauté entre les représentants d’associations de développement local Un des critères concernant leur composition est que soit présente dans toutes les commissions une femme chargée d’encourager et de dynamiser le sport féminin, ainsi qu’un membre de la Mairie qui s’occupe de la coordination entre le gouvernement local et la société civile.
Les commissions sont chargées de planifier les horaires ainsi que les différentes activités sportives et culturelles pouvant se développer dans les équipements : tournois sportifs, concours musicaux, conférences, etc. et de rechercher pour les rendre possibles le patronage d’entreprises, d’institutions locales ou gouvernementales.
« Sport pour tous et toutes » est sans aucun doute un projet de ville permettant en outre d’améliorer les infrastructures, d’encourager les valeurs positives du sport, une convivialité harmonieuse dans les quartiers et la santé de toute la population grâce à ces nouveaux espaces gérés par les citoyens.
Charte des Villes Educatrices : dixième principe
Le conseil municipal devra doter la ville d’espaces, d’équipements et des services publics nécessaires au développement personnel, social, moral et culturel de tous ses habitants, en donnant une attention spéciale à l’enfance et à la jeunesse.

Paysandú est l’une des principales villes de l’Uruguay, avec une population de près de 100.000 habitants. Capitale du département homonyme, il s’agit d’un centre industriel et commercial à l’échelle régionale. Située sur la rive orientale du fleuve Uruguay, la ville est reliée à l’Argentine par le pont General Artigas et reçoit des touristes venant de toute l’Amérique constamment. Il s’agit d’une ville caractérisée par la diversité des cultures qui la constituent et apportent une grande richesse à la culture du département.
Afin de répandre l’offre culturelle de la ville, la Mairie de Paysandú, par l’intermédiaire de la Direction de la Culture, a lancé en 2010 l’initiative « Cultura eN PLAZA » (Culture à la place), en collaboration avec plusieurs institutions et agents culturels de la ville, comme la Maison de la Culture, les centres communautaires, les musées, les bibliothèques et les différents groupes culturels.
Cette initiative consiste à mener à bien sur des places publiques différentes manifestations culturelles à l’aide d’expositions interactives, afin d’éveiller l’intérêt des citoyens de tous les âges, d’encourager leur participation et de mettre en valeur le travail des animateurs et des institutions culturelles.
De cette manière, pendant une ou deux journées il est procédé à la réalisation d’ateliers de peinture, dessin, céramique, graffitis, maquillage artistique, ainsi qu’à l’organisation de parties d’échecs, d’œuvres théâtrales, de cours de danse et de démonstrations des différents rythmes latino-américains et des groupes culturels locaux, entre autres. Des performances de l’Ecole de Musique, ainsi que de différents groupes locaux ont également lieu, reflétant la diversité des styles existant dans le département, ainsi que des expositions où les quartiers exposent leur artisanat. Toutes ces activités ont lieu simultanément, ce qui donne de la continuité et du mouvement à la place.
Il a été fait en sorte de faire coïncider la première édition de cette initiative avec la Journée Nationale du Candombe, expression culturelle traditionnelle très enracinée en Uruguay, dont l’origine remonte à l’arrivée des esclaves africains et a été reconnue par l’UNESCO comme Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Ainsi, les activités se sont terminées par un grand défilé à travers toute la ville au son des tambours, défilé auquel se sont unis des groupes de musiciens et danseurs locaux, attirant ainsi l’attention des citoyens.
La grande affluence du public et le bon accueil réservé à cette première édition ont amené la Mairie à parier sur sa continuité et à l’étendre aux différents quartiers de la ville et de l’intérieur du département, en se donnant rendez-vous sur les places deux fois par mois. Dans ce cadre, ce projet promeut également l’accès à la culture de la population des quartiers les plus dépourvus où les Centres Communautaires jouent un rôle crucial ; ces centres offrent des opportunités éducatives et culturelles qui facilitent l’insertion sociale, culturelle et professionnelle des participants.
Parmi les résultats, il faut signaler l’engagement des agents culturels et des citoyens, car les activités des institutions culturelles comme le nombre de participants ont été multipliés par deux. De plus, le travail en groupes et aux quartiers permet de renforcer l’identité et le sentiment d’appartenance à la ville, grâce au fort pari de la Mairie en ce qui concerne la préservation et la diffusion de la culture et du sentiment d’« être de Paysandú ». C’est en partant de la reconnaissance de cette riche histoire culturelle que Paysandú progresse vers un avenir meilleur.
Charte des Villes Educatrices, deuxième principe
La ville devra promouvoir l’éducation dans la diversité pour la compréhension, la coopération solidaire internationale et la paix dans le monde. Une éducation qui devra combattre toute forme de discrimination. […] Elle devra accueillir aussi bien les initiatives d’avant-garde que celles de la culture populaire, indépendamment de leur origine. Elle devra contribuer à corriger les inégalités qui surgissent lors de la promotion culturelle, dues à des critères exclusivement mercantiles.

Gandía est une ville de 80.000 habitants faisant partie de la Communauté Valencienne (Espagne), capitale de la région de la Safor. L’économie locale a pour base principale le commerce et les services. Il s’agit également d’une importante destination touristique de bord de mer, ce qui rend possible que la population de la ville triple en été jusqu’à atteindre 320.000 habitants. Par tranches d’âge, les personnes âgées de plus de 50 ans représentent 32% de la population.
Dans une société en changement permanent, l’enseignement tout au long de la vie devient une nécessité, afin de pouvoir participer de manière active au monde qui nous entoure. L’Université du Troisième âge est une initiative s’adressant aux personnes âgées de plus de 55 ans désireuses de poursuivre leur formation. Elle a été ouverte en 2007 et son objectif est de contribuer à un vieillissement actif, permettant à ce segment de la population de continuer à se développer personnellement et d’améliorer sa qualité de vie, tout en encourageant au même temps sa participation sociale.
Les études se concentrent sur un itinéraire en Humanités et Sciences Sociales et se divisent en deux cycles : un cycle basique d’une durée de trois ans et un cycle supérieur de spécialisation d’une durée de deux ans. Etant donné que cet enseignement n’est pas destiné à la préparation professionnelle des participants, la priorité à été donnée à tout moment à une ambiance de réflexion. A son tour, l’obtention du Diplôme Universitaire Senior se base sur l’assistance et la participation aux différentes matières.
Cette initiative est le fruit d’une forte coopération entre le Centre International de Gandia de l’Université de Valence et la Mairie. Elle a également bénéficié de la collaboration de l’Association des Professeurs Retraités de l’Université de Valence pour la réalisation des séminaires de spécialisation.
L’Université des du Troisième âge constitue ainsi un espace privilégié permettant à ce segment de la population de se former dans des matières comme la géographie, la santé, l’histoire, l’art, la psychologie, l’économie, la littérature, la philosophie, le droit, la sociologie ou la musique et de les approfondir dans une ambiance spécifique de la connaissance à travers la réalisation ou la participation à un projet de recherche ou d’intervention.
L’expérience a été très positive, non seulement pour les personnes âgées et l’Université, qui constitue à présent un espace de rencontre entre différentes générations, mais également pour la société en général, car elle permet de compter sur des citoyens mieux formés et plus participatifs. De plus, le succès de cette initiative et la nécessité de répondre aux expectatives d’une demande croissante d’enseignement tout au long de la vie ont amené à amplifier le nombre de matières offertes.
Charte des Villes Educatrices : quatrième principe
Les politiques municipales à caractère éducatif devront toujours être considérées comme se référant à un contexte plus large inspiré des principes de la justice sociale, du civisme démocratique, de la qualité de vie et de la promotion des habitants.

La ville de Bethléem est située dans un territoire soumis, depuis des années, à un profond conflit ; la diversité sociale qui existe dans la ville est très importante, et de très profondes différences politiques et religieuses y cohabitent.
Les Béthlémites utilisent cependant leurs différences pour renforcer la connaissance et le respect mutuels, et rendre possible la construction de la paix, l’harmonie et la solidarité.
La municipalité de Bethléem exerce un rôle essentiel en tant que médiateur pour la résolution des problèmes au sein de la communauté. Pour ce faire, elle dispose d’un comité de membres du conseil municipal qui a pour fonction d’effectuer un suivi et de servir de médiateur dans les problèmes et les conflits qui surgissent entre les citadins. La mairie intervient dans la résolution des conflits comme mesure de soutien à la garantie de la sécurité et de la stabilité de la communauté.
Bien au-delà de l’action municipale, la structure sociale de Bethléem dispose aussi de médiateurs dont la mission est d’intervenir lors des situations conflictuelles et des manquements à l’honneur des personnes. Ces conciliateurs basent leur jugement sur les traditions et les coutumes héritées des anciens et transmises de génération en génération, qui sont des normes fonctionnant toutes comme de véritables lois sociales et régulant les relations entre les familles et les clans. Ainsi, ce ne sont pas les individus isolés qui sont les sujets de la responsabilité légale mais les groupes sociaux auxquels ils appartiennent.
Les médiateurs sont désignés par les anciens dont la sagesse est reconnue de tous. Ils ne se substituent pas aux autorités légales ; bien au contraire, leur intervention est considérée comme un renforcement de la stabilité sociale. Ils collaborent avec les services gouvernementaux au maintien de la coexistence pacifique entre les divers groupes sociaux présents sur le territoire.
Une deuxième source d’administration de la justice est la religion islamique, qui s’est répandue en Palestine au fil de l’histoire au travers du nomadisme et de l’immigration d’une bonne partie de sa population.
Ces formes de justice, très proches de la population, conservent des formules ancestrales de réparation des dommages.
Le code traditionnel de justice en vigueur à Bethléem est un clair exemple de la manière de résoudre les conflits quotidiens dans la ville. Des objectifs incompatibles ou des perceptions distinctes entre les individus ou les groupes sociaux requièrent d’une troisième présence capable de promouvoir une coexistence pacifique.
La médiation, l’application de la sagesse traditionnelle et l’initiative de la municipalité de Bethléem constituent la première garantie du respect et de la paix sociale.
Charte des Villes éducatrices : deuxième principe
La ville devra promouvoir l’éducation dans la diversité pour la compréhension, la coopération solidaire internationale et la paix dans le monde. Une éducation qui devra combattre toute forme de discrimination. Elle devra permettre la liberté d’expression, la diversité culturelle et le dialogue dans des conditions d’égalité.

Dans le cadre de la politique de décentralisation entreprise par le gouvernement du Sénégal, les responsables politiques de la capitale, Dakar, ont envisagé l’implication, ainsi que la participation de la population à la gestion de la ville.
Pour établir les bases de cette nouvelle relation, des techniciens de la mairie de Dakar se sont réunis, à la fin de l’année 2002, avec des représentants du monde associatif de la ville. Après plusieurs journées de travail, le Pacte pour le civisme et la citoyenneté a été adopté.
Le point principal de cet accord signalait la nécessité de construire dans la transparence un projet de ville partagé et accepté par toute la citoyenneté les acteurs avec comme objectif final l’obtention d’un développement urbain harmonieux, stable, durable et respectueux de l’environnement.
Dans ce nouveau cadre de relation, les deux grands piliers du mouvement associatif dakarois, le Collectif des Comités de Développement Local (CCDL) et l’Entente des Mouvements et Associations de Développement (EMAD) ont joué un rôle important. Ces deux organisations, en effet, sont des cadres de réflexion, de concertation et d’action au niveau des quartiers au sein desquelles s’intègrent les acteurs institutionnels ainsi que les organisations communautaires de base locales.
La mobilisation et la participation significatives des acteurs locaux autour de projets communs a été l’occasion de nombreux autres projets et initiatives de la part des habitants.
Les campagnes sanitaires de prévention contre les maladies telles que le paludisme ou le virus du sida en constituent un bon exemple. De ce point de vue, le CCDL et l’EMAD, en coordination avec divers départements de la mairie ainsi que des organisations de quartier, ont mis en œuvre un grand nombre de forums, de concerts, de conférences ou de caravanes pour rapprocher la population des différentes méthodes de prévention contre ces maladies.
Parallèlement, ils ont aussi développé des actions de médiation communautaire afin de résoudre les conflits intercommunautaires ainsi que pour renforcer la participation populaire à la gestion des affaires locales.
Le Pacte pour le civisme et la citoyenneté constitue un élément fondamental de légitimation de l’action municipale et favorise la compréhension progressive des rôles ainsi que des fonctions des acteurs sociaux. La mobilisation ainsi que la participation significative des habitants au consensus qui a permis ce pacte permettent de voir jusqu’à quel point la ville a besoin de tous ses habitants sans exception.
Charte des Villes éducatrices : dix-huitième principe
« La ville devra stimuler la vie associative en tant que mode de participation et de coresponsabilité civique afin de canaliser des interventions au service de la communauté, d’obtenir et de diffuser de l’information, des matériels et des idées permettant le développement social, moral et culturel des individus ».

Budapest est la capitale de la Hongrie, ce pays centre-européen qui a été dévasté par les deux guerres mondiales et soumis par la suite à de multiples changements de son système politique. Après la restauration de la démocratie, cependant, une grande partie de ces conflits maintiennent encore une trace vivante sans avoir jamais été analysés en commun
Cette situation a éveillé l’idée d’utiliser le théâtre comme un puissant instrument d’expression, espace d’apprentissage et de cohésion sociale. Il n’a pas été vu seulement, en effet, comme une ressource pour inviter les jeunes à exprimer leurs inquiétudes et leurs souhaits mais aussi comme un mécanisme idéal pour favoriser le dialogue intergénérationnel.
THÉÂTRE KOLIBRI
Le Théâtre Kolibri pour l’enfance et la jeunesse est né comme un espace pour tester et développer des propositions théâtrales destinées simultanément aux enfants et aux jeunes ainsi qu’à leurs accompagnateurs adultes. Ainsi, les représentations proprement dites ont été, depuis l’origine, aussi importantes que les conversations qui les ont suivies.
L’objectif de cette initiative est d’offrir à la population des ressources afin que les adultes et les jeunes, qui ont évidemment des expériences vitales distinctes, parviennent à trouver des espaces communs pour partager des expériences artistiques abordant des problèmes collectifs. Il s’agit donc de transformer la réaction individuelle des spectateurs en une expérience communautaire. Pour ce faire, il est d’une vitale importance de rechercher l’authenticité de la programmation théâtrale.
La zone d’influence de l’institution théâtrale dépasse les murs mêmes du théâtre et couvre la totalité des espaces publics, y compris ceux qui sont destinés en priorité à l’éducation formelle. Avec cette initiative, tout espace devient donc susceptible d’accueillir des représentations théâtrales.
La programmation du Théâtre Kolibri comprend 28 spectacles qui vont des propositions musicales interactives aux séances de marionnettes et aux lectures d’histoires brèves, chacun d’entre eux disposant d’un matériel didactique additionnel.
Les départements de l’Éducation et de la Culture de la capitale hongroise reconnaissent le rôle fondamental que le théâtre joue dans l’intégration des jeunes, et cela a permis l’expansion de la formation théâtrale dans tous les domaines. En plus du Théâtre Kolibri, la mairie apporte d’ailleurs son soutien à treize autres institutions théâtrales.
La présence du théâtre dans les espaces publics, les festivals, les célébrations et autres s’étend bien au-delà des limites de la ville elle-même ; et le fait que l’on puisse programmer du théâtre aussi bien dans de grands espaces ouverts que dans de petites salles d’école montre la vocation éducatrice de la ville de Budapest.
Charte des Villes éducatrices : quatrième principe.
Les politiques municipales à caractère éducatif devront se référer constamment à un contexte plus large inspiré des principes de la justice sociale, du civisme démocratique, de la qualité de la vie et de la promotion de ses habitants.

L’espace public est le lieu où peut se mettre en place une communication large et horizontale parmi les citadins. C’est un lieu générateur de démocratie, de culture et d’éducation. Vivre la ville est une opportunité pour continuer à la construire et à la réhabiliter afin de récupérer les valeurs propres de chacune des communautés qui la composent.
LA VÍA RECREACTIVA
La Vía RecreActiva (Voie Récré-active) est un programme de la mairie de Guadalajara – la capitale de l’État mexicain de Jalisco –, qui a pour objectif l’amélioration de la convivialité, de la communication et de la cohésion sociale.
Cette voie s’étend tout au long de 25 kilomètres des avenues les plus importantes de Guadalajara, traversant d’est en ouest une grande quantité de quartiers de strates socio-économiques diverses. Elle est aussi reliée à trois autres municipalités de la conurbation métropolitaine, Tlaquepaque, Tonalá et Zapopan.
La Voie Récré-active consiste à libérer de la circulation automobile quotidienne quelques-unes des rues les plus importantes de Guadalajara et à les transformer en une promenade récréative dominicale où les passants se promènent à bicyclette, sur des patins à roulettes ou à pied, et peuvent profiter dans les places publiques proches d’une grande variété d’activités de formation et de loisirs. Une moyenne de plus de 120 000 usagers utilisent cette voie chaque dimanche.
Avec la Voie Récré-active, l’administration municipale vise à récupérer l’espace public, à créer des valeurs démocratiques et de respect mutuel, à promouvoir l’action sociale, à générer un espace inclusif, à créer un sens d’appartenance à la ville et à favoriser des systèmes alternatifs de mobilité.
Les différents services municipaux organisent de forme coordonnée des activités interactives telles qu’un programme de bibliothèques et de ludothèques mobiles, d’expositions scientifiques interactives, de concerts, d’ateliers visant à l’intégration familiale, etc.
Las distintas dependencias municipales organizan de forma coordinada actividades interactivas tales como un programa de bibliotecas y ludotecas móviles, exposiciones científicas interactivas, talleres enfocados a la integración familiar, conciertos…
L’utilisation de l’espace public en tant qu’instrument d’inclusion sociale s’est étendue à d’autres projets tels que Guadalajara en Bici (Guadalajara à vélo) ou Deporte en las Calles (Sport dans les rues), l’objectif de ce dernier étant d’organiser des événements sportifs dans les quartiers de Guadalajara où il n’y a pas d’infrastructure sportive.
Ces initiatives prennent toujours en compte le comment, le pourquoi et le pour qui elles sont réalisées. La ville appartient et doit continuer à appartenir à ses habitants.
Charte des Villes éducatrices : huitième principe
L’aménagement de l’espace physique urbain devra veiller aux besoins d’accessibilité, de rencontre, de relations, de jeu et de loisirs et d’un plus grand rapprochement de la nature.

Située à la confluence des lacs Näsijärvi et Pyhäjärvi, la ville de Tampere s’est convertie, au milieu du XIXe siècle, en un important centre industriel du Nord de l’Europe, que l’on a d’ailleurs appelé la Manchester finlandaise. Aujourd’hui, la municipalité est encore l’un des moteurs de l’économie finlandaise grâce à la vitalité de la recherche sur les technologies de l’information de son tissu économique.
Dans ce cadre, la municipalité de Tampere a pris conscience de l’importance qu’il y avait à garantir l’accès à la société de l’information pour la totalité de sa population. Pour ce faire, l’administration locale a parié pour la conception de programmes de cohésion sociale au travers des nouvelles technologies, c’est-à-dire des projets qui vont bien au-delà du système éducatif formel.
Conformément à cette perspective politique, la bibliothèque municipale de Tampere organise des programmes gratuits de formation aux nouvelles technologies ouverts à tous les habitants et, tout particulièrement, aux personnes âgées, aux immigrants et aux chômeurs. Ainsi, la bibliothèque offre aux personnes qui le sollicitent un service stable de formation de base pour l’utilisation d’Internet – NetSquares. En outre, elle a créé un Internet bus qui offre les mêmes services de manière itinérante, ce qui permet de dispenser une formation dans des endroits où il n’y a pas de cours permanents concernant les nouvelles technologies.
La généralisation de ces programmes non seulement favorise l’apprentissage individuel des nouvelles technologies mais elle renforce aussi les liens entre les individus. Par ailleurs, le rôle des instructeurs est fondamental pour créer un intérêt pour les nouvelles formes qu’adopte la société de l’information.
Pour certains habitants, apprendre à utiliser un ordinateur est un processus lent et qui n’est pas toujours facile. Cependant, cette difficulté met en évidence l’importance du travail en équipe que les bibliothèques favorisent et encouragent.
Le bon accueil qu’a reçu cette initiative permet d’organiser des activités destinées aux personnes qui ont acquis les compétences de base. Ainsi, des groupes d’habitants ayant des intérêts communs ont-ils développé des projets propres en collaboration avec des institutions culturelles de la ville. Deux exemples de ces projets sont l’Astronomie pour tous, développé avec le concours de la société locale d’astronomie, et l’Atelier de narration digitale.
Curieusement, les nouvelles technologies qui peuvent être considérées comme des facteurs de fracture sociale constituent, aux mains de l’administration locale, un des éléments qui renforcent le plus la cohésion sociale parmi les habitants.
Charte des Villes éducatrices : dix-neuvième principe
La municipalité devra garantir une information suffisante et compréhensible et encourager ses habitants à s’informer. […] En même temps, elle devra prévoir des programmes de formation aux technologies de l’information et des communications s’adressant à tous les âges et tous les groupes sociaux afin de combattre de nouvelles formes d’exclusion.

Le fleuve Huasco, élément qui agglutine et donne vie à la vallée du même nom, a permis sur son long cours l’établissement de divers types d’implantations. La ville chilienne de Vallenar, constituée de diverses terrasses à différents niveaux autour du fleuve, est ainsi le principal point de convergence de la vallée. La forme urbaine de Vallenar s’est développée sans considérer le fleuve comme un espace participant de la dynamique de la ville, en plus d’une absence notoire de zones vertes et de parcs, en tant que lieux de loisirs de la communauté. C’est ce qui a entraîné la municipalité à mettre en œuvre un projet de récupération du fleuve au milieu de la décennie 90.
« LA PROMENADE SUR LES BERGES »
L’objectif de ce projet était de reconquérir l’espace du fleuve, comme partie fondamentale d’un nouveau développement urbain, dont l’impact social favoriserait l’usage de ses rives comme lieu de rencontre et de récréation, corrigeant ainsi l’image d’abandon qui pesait sur lui.
Intégrer le fleuve à la ville signifiait apporter un espace public pour la rencontre et le dialogue des habitants, respecter et faire respecter l’environnement, promouvoir les activités culturelles, sportives et récréatives à l’air libre, et consolider l’ensemble en tant que zone d’intérêt touristique.
Le projet envisageait :
a) Canaliser le fleuve, renforcer ses rives grâce à des gabions de pierres pour en contrôler les crues ;
b) Ordonner les rives au travers de murs construits avec des matériaux naturels ;
c) Profiter de l’eau du fleuve lui-même pour arroser le parc ;
d) Doter ses berges de terrains multisports ;
e) Habiliter un ensemble de bassins naturels, afin de créer une baignade pour les habitants de la commune.
C’est ainsi que fut créé un espace multifonctionnel de plus de 2.000 mètres linéaires de zones vertes doté d’équipements sportifs et récréatifs, qui offrent à la communauté la possibilité de pratiquer une vaste gamme d’activités ludiques à l’air libre.
Cet ambitieux projet de transformation a disposé dès le début de la participation de la communauté qui s’est impliquée dans les consultations sur les premières ébauches du plan, en prenant conscience en même temps de l’importance de l’environnement et de son respect. Avec la matérialisation progressive des travaux, les habitants ont fini par présenter leurs inquiétudes et leurs besoins directement à la municipalité elle-même.
Le fleuve Huasco, une fois récupéré son potentiel en tant que colonne vertébrale d’un écosystème propre et intégré dans la vie urbaine pour le bien-être des habitants, est devenu aujourd’hui l’espace public structurant de la ville de Vallenar.
Charte des Villes éducatrices : onzième principe
La ville devra garantir la qualité de vie de tous ses habitants. Cela signifie un équilibre avec l’environnement naturel, le droit à un environnement sain, en plus du droit au logement, au travail, aux loisirs et aux transports publics entre autres. À son tour, elle devra promouvoir activement l’éducation à la santé et la participation de tous ses habitants aux bonnes pratiques de développement durable.

Pour pouvoir connaître et comprendre une ville ainsi que certaines attitudes déterminées de ses habitants, il est nécessaire d’interpréter l’ensemble de ses symboles, de ses légendes, de ses coutumes, etc. Un tel patrimoine intangible a une grande capacité d’émouvoir, d’évoquer et de renforcer le sentiment d’appartenance à une ville. Les expressions collectives d’une communauté constituent en outre un outil pour la construction d’une citoyenneté basée sur les valeurs démocratiques et le dialogue pour la solution des conflits.
Tout cela est bien présent pour la municipalité ainsi que pour la société civile de Granollers, qui est une ville de la zone métropolitaine de Barcelone jouissant d’une riche tradition industrielle.
31 MAI 1938 : LE BOMBARDEMENT DE GRANOLLERS
En 2008, 70 ans après le bombardement dont souffrit la ville pendant la guerre civile espagnole, les professeurs ainsi que les élèves de baccalauréat se sont réunis avec les survivants de cette tragédie afin de commémorer l’événement et de prendre un ferme engagement en faveur de la paix. À partir de cette date, cette rencontre se répétera chaque année : on ne prêche pas la paix, on la construit.
LA FÊTE « DES BLANCS ET DES BLEUS » DE LA VILLE
Granollers a inventé sa fête patronale en remettant au goût du jour une ancienne compétition entre deux fabricants de carreaux afin de déterminer celui qui était le plus rapide. Cette anecdote servit d’inspiration pour recréer une rivalité dans l’imaginaire collectif entre deux groupes hétérogènes d’habitants – les « blancs » et les « bleus » – qui concourent amicalement pour obtenir le droit à organiser l’acte d’inauguration des fêtes de l’année suivante.
La concurrence s’exprime au travers d’un programme d’activités qui a pour objectif de renforcer le sentiment d’appartenance à la ville. Cette fête municipale corrobore la transmission ainsi que la création permanente du patrimoine.
L’OLLA DE GRANOLLERS
En 1982, l’association de quartier du Centre Ville a proposé d’actualiser une tradition connue sous le nom de L’Olla dels Pobres (le pot du pauvre). Depuis cette année-là, le samedi qui précède Noël, cette association invite les habitants à savourer une escudella (sorte de pot-au-feu catalan) dans une place du centre ville appelée, précisément, place des pots-au-feu. En outre, les membres de l’association visitent les écoles pour rapprocher les plus jeunes de cette tradition.
Le goût pour cette tradition a même impulsé la création d’un monument à l’escudella. Depuis lors, une marmite demeure installée dans le sous-sol de cette place pour émerger au cours des principaux événements gastronomiques de la ville. La légende Granollers, gran olla és (« Granollers est une grande marmite ») donne foi de sa tradition d’hospitalité.
Charte des Villes éducatrices : septième principe
La ville doit savoir trouver, préserver et présenter son identité personnelle et complexe. Cela la rendra unique et sera la base d’un dialogue fécond avec elle-même et avec d’autres villes. La valeur accordée aux coutumes et aux origines doit être compatible avec les modes de vie internationaux.